Plonger avec un FOP

Chez l’embryon, l’oreillette droite du cœur est en communication avec l’oreillette gauche par un orifice qui se referme normalement après la naissance. Chez environ le quart de la population cette fermeture ne se fait pas : c’est ce qu’on appelle un foramen ovale Perméable (FOP). Il n’a aucun retentissement fonctionnel et ne donne pas de symptômes dans la vie courante.
Lors de la plongée, la décompression provoque l’apparition de petites bulles dans la circulation qui sont éliminées par le filtre pulmonaire et ne passent jamais dans la circulation artérielle.
Par contre, en cas de FOP, toute situation qui va augmenter la pression intra thoracique (valsava à la remontée, effort bloquant la respiration, apnée …) va augmenter les pressions au niveau du cœur droit et donc provoquer l’ouverture du FOP laissant passer ainsi les bulles dans la circulation générale avec pour conséquence un risque accru d’accident de décompression principalement cérébral ou vestibulaire.

Actuellement, il n’y a pas lieu de rechercher l’existence d’un FOP sur l’ensemble de la population des plongeurs, cet examen n’étant pas anodin ni pris en charge par l’assurance maladie.
Seuls les plongeurs ayant été victime d’Accident de Décompression (ADD) de type neurologique (cérébral, cochléo-vestibulaire, cérébro-medullaire ou de topographie incertaine) devront être bilantés.
Depuis peu, la découverte d’un FOP n’est plus une contre-indication définitive à la plongée.
L’autorisation de reprise après un ADD devra être évaluée par un médecin fédéral qui expliquera au plongeur qu’afin d’éviter tout risque la seule
solution est l’arrêt définitif de la plongée. Si celui-ci décide de poursuivre cette activité, il devra signer un document lui expliquant les moyens visant à diminuer les risques :

Limiter le nombre de bulles circulantes :
– Rester dans la courbe de sécurité et ne pas faire de paliers.
– Pas de plongées successives.
– Profondeur limitée à 30 mètres.
– Remontée lente à 10m /min.
– Eviter tout effort pendant et après la plongée.
– Pas de plongée « yo-yo ».
– Privilégier la plongée au Nitrox.

Ne pas faire d’efforts qui puissent augmenter la pression intra-thoracique

– Ne pas faire de manœuvre de Valsalva forcée (préférer les manœuvres de béance tubaire volontaire), ni de Valsalva à la remontée.
– Ne pas faire d’apnée dans les 12 heures suivant la plongée.
– Eviter tous les efforts à glotte fermée (remontée d’un mouillage, port de blocs lourds, toux, vomissements,…)
– Ne jamais gonfler sa stab à la bouche après une plongée
 
Controler les facteurs de risque :
– Eviter de plonger stressé ou fatigué.
– Avoir une bonne condition physique
– Limiter la surcharge pondérale.

– Etre plus vigilant après 40 ans.

La fermeture d’un FOP est techniquement possible mais reste un acte médical technique qui n’est pas dénué de risques. Chez le plongeur que nous sommes, il n’y a donc pas d’indication à le réaliser, la plongée étant avant tout un loisir.

Chercheurs d’eau N39 p8-9,   Véronique Mottot