El Hierro, l’île préservée

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EL HIERRO , l’île préservée
(Fabrice Boissier)

Quel plaisir après le confinement Covid et le report de certains de nos voyages d’avoir pu enfin aller tremper nos palmes, avec quelques lecteurs du magazine, dans les eaux canariennes d’El Hierro ! Cette petite île, reconnue par l’Unesco comme réserve biosphère est la moins peuplée de l’archipel des Canaries et offre à ses visiteurs encore peu nombreux de belles surprises aussi bien sur terre que sous l’eau.

Deux ans déjà que nous avions envie d’organiser un voyage pour un petit groupe de plongeurs afin d’aller rendre visite à nos amis Céline et Claude, un couple franco-belge adorable qui venaient de reprendre la gestion du club de plongée Meridiano Cero à El Hierro. Encore préservée d’un tourisme de masse, cette petite île des Canaries a su s’orienter vers une autosuffisance énergétique et écologique. Son urbanisme limité volontairement a permis à la nature de garder son authenticité et de continuer à offrir de superbes paysages variés. Le contraste entre ses terres volcaniques arides, ses falaises abruptes, ses forêts étonnantes de pins, l’exubérante végétation de ses forêts primaires et le bleu de la mer est saisissant.

Venir à El Hierro uniquement pour faire de la plongée serait une hérésie et il n’est pas possible de ne pas consacrer une ou deux journées entières durant son séjour à visiter l’île et faire au moins une des randonnées pédestres incontournables. Attention aux accidents de décompression ! Généralement les 2 plongées journalières s’effectuent en successives le matin et il y a peu de zones accessibles en dessous de 1000 mètres d’altitude pour aller faire de belles balades l’après midi tout en respectant l’intervalle suffisant à une bonne désaturation. Vous pouvez compter sur Céline et Claude pour vous le rappeler. Ils pourront aussi vous orienter vers les plus beaux coins de l’île en fonction de votre programme de plongée et de vos journées libre durant votre séjour.

En juillet dernier, après une stressante attente de confirmation de notre voyage à cause de la crise Covid, nous avons enfin pu obtenir l’autorisation de nous rendre dans l’archipel Espagnol des Canaries. Les vols initiaux, de certains membres de notre groupe ayant été annulés, c’est notre agence partenaire H2O Voyage qui a réussi, en dernière minute à trouver d’autres compagnies aériennes pouvant les accepter. Finalement nous sommes tous bien arrivés à destination pour récupérer les véhicules de location et faire la route pour rejoindre le village de la Restinga à la pointe Sud de l’île (à 45 minutes de l’aéroport de El Hierro).

La Restinga est le lieu d’hébergement privilégié de tous les plongeurs qui viennent à El Hierro car son sympathique petit port se trouve à proximité de la réserve marine qui offre les plus beaux sites de plongée de l’île. Ce village de pêcheurs a su, au fil des années s’adapter à la croissante demande des touristes plongeurs en proposant des nombreux appartements en location et en ouvrant deux épiceries pour le ravitaillement, ainsi que de quelques petits restaurants.

Le club de plongée Meridiano Cero possède un local parfaitement aménagé au coeur du village pour recevoir confortablement les plongeurs. Son unique bateau, un beau pneumatique bien motorisé accepte 10 plongeurs en plus d’un pilote et de Céline et Claude qui s’occupent de l’encadrement des palanquées d’exploration et éventuellement des formations PADI ou FFESSM.
La navigation pour rejoindre les sites de plongée n’est jamais très longue, entre 5 et 20 minutes, et toujours à l’abri du vent et des vagues dans la partie de la réserve marine.
Un vrai bonheur pour ceux qui souffrent du mal de mer !

La réglementation locale impose un seul bateau de plongée par site avec un maximum de 12 plongeurs dans l’eau pour préserver les fonds marins. Comme il n’y a que 7 petits clubs actifs actuellement à la Restinga et une vingtaine de spots de plongée différents, autant dire qu’on ne se bouscule vraiment pas en mer et qu’on peut profiter pleinement de chaque immersion. Il est même rare d’apercevoir plus d’un ou deux autres navires de plongée durant la navigation car les clubs ne partent pas tous du port aux mêmes horaires. La plupart des plongées s’effectuent à proximité de la côte sur des plateaux de roches volcaniques avec des zones sableuses qui descendent très progressivement.

Tous les niveaux de plongée peuvent accéder à ces sites dont les explorations se font entre 10 à 40 mètres de fond dans une eau claire et tempérée (entre 18 et 26°C en fonction des saisons). Si la flore et la faune fixée ne sont pas très exubérantes par contre la faune sous-marine est variée et abondante. On y découvre, dès les premiers mètres d’innombrables bancs de girelles et de sars, des poissons perroquets qui nagent en couples et quelques nudibranches. Ensuite en descendant un peu, les bandes de sable sont souvent le repère des poissons rasoirs, des seiches, des raies de différentes espèces, des soles et du très recherché requin ange. Sur certains sites il est même possible d’apercevoir des champs de centaines d’anguilles jardinières qui s’enfouissent doucement dans le sable à l’approche des plongeurs.

Les fonds rocheux sont survolés par des barracudas timides, des carangues en chasse, des poissons trompette et de curieux balistes. En explorant les canyons on approche facilement de débonnaires mérous ainsi que de belles murènes serpent qui farfouillent entre les rochers en quêtes d’un repas. Les failles et petites grottes abritent de grosses langoustes, des crevettes, des crabes flèche, des cigales de mer, diverses murènes et des poissons porc épic. A certaines périodes de l’année, en levant la tête et en regardant dans le bleu les plongeurs chanceux peuvent apercevoir des raies mobula, des thons, des requins marteaux, des dauphins et des raies aigles. Sur quelques sites de plongée plus éloignés de la côte on trouve des pitons rocheux avec des tombants vertigineux qui réservent de belles surprises aux plongeurs expérimentés. D’impressionnants mérous viennent à la rencontre des plongeurs et posent tranquillement devant les photographes pendant que de grosses sérioles virevoltent fougueusement entre les bancs paisibles de barracudas et de carangues.

Chaque anfractuosité de ces sites est un véritable microcosme de vie marine et fait le bonheur des amateurs de biologie qui prennent le temps de les éclairer avec une lampe pour en saisir toute la richesse.
Durant notre séjour à El Hierro nous avons apprécié l’accueil chaleureux et la bonne humeur permanente de Céline et Claude ainsi que leurs professionnalisme. Nous avons été surpris par la grande variété des espèces sous-marines rencontrées, un mélange de faune d’Atlantique, de Méditerranée et des Caraïbes, et par la facilité pour les approcher. Toute notre équipe a également aimé les excursions terrestres sur cette petite île des Canaries qui a su garder sa nature intacte en ne cédant pas à une économie touristique disproportionnée.

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